E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 4

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Retour à la cigarette-tabac : un échec instructif.
J’ai repris la cigarette à combustion ! (Celle qui est remplie de tabac 😉

Pourquoi donc ? Simplement par ce que ma cigarette électronique était trop dosée. Je vais bien sûr reprendre la cigarette à microprocesseur dès que j’aurais un e-liquide plus faiblement dosé.
J’ai fumé comme d’habitude pendant les trois premiers jours. Une habitude qui pourrait sans doute être quantifiée en « nombre de bouffées par heure » ou par jour. Je ne saurais dire combien, mais je suis sûr qu’il existe pour chacun un « rythme » dans ce domaine.
J’ai calculé qu’à mon rythme et en ayant utilisé la moitié du flacon dosé à 20 mg, j’ai fumé l’équivalent de cinq paquets en trois jours. D’habitude je fume (en équivalent-roulé) une quinzaine de cigarettes/jours. J’ai donc un peu plus que doublé ma consommation de nicotine ! Et je le sens. C’est d’ailleurs là que l’on voit que c’est vraiment un poison ; une vraie intoxication.

Il faut donc que je trouve un dosage qui, sans changer la manière de fumer (le rythme), me conduise à fumer autant ou moins (c’est encore mieux) de nicotine. D’après les chiffres, il faudra un flacon dosé à 10 mg.
Cette expérience doit vous inviter, si vous êtes comme moi débutant, à poser la question du dosage à Éric, qui est le spécialiste. En fonction de votre consommation, il saura vous conseiller.
Je reste persuadé que la cigarette électronique est une bonne solution. J’ai envie, au moins pour commencer, de ne fumer que la substance qui est vraiment génératrice d’addiction, la nicotine. Par la suite, si je peux réduire cette dépendance sans grand effort, j’irais dans le sens de la réduction.

Je pense que l’on peut réduire peu à peu la concentration de l’e liquide, tout en gardant le même rythme et le geste.
La gestuelle semble ancrée pour un bon bout de temps. Je ne pensais pas que le rythme d’aspiration pouvait à ce point être important. Comment le définir ? Sûrement comme une activité orale satisfaisante, puisque l’apaisement y est associé. Ne serait-ce que l’apaisement du manque ! Mais ce n’est sans doute pas tout. Aspirer doucement de l’air puis le laisser pénétrer largement dans les bronches est en soi une manière de respirer.
La respiration est fondamentale dans le yoga. Il serait intéressant d’interroger un spécialiste de ce domaine en lui décrivant cette façon de respirer qui consiste à d’abord aspirer l’air comme au travers d’un tube fin suivi pour une large aspiration sans entrave. Je ne serais pas étonné que cette façon de « consommer » l’air soit de nature sédative…Je beaucoup appris sur la création de e-liquides à partir de ce site e-cigarette et le vaporisateur à base de plantes . Ils sont experts dans tous les aspects de cigarettes électroniques .

Si vous avez quelques idées en la matière, n’hésitez pas à m’apporter vos lumières, votre réflexion sera utile à tous !
A suivre
Paul KEIRN

E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 6

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Journal d’un e-fumeur débutant

JOUR 6

 

J’ai reçu deux nouveaux flacons de e liquide pour alimenter ma cigarette électronique. L’un dosé à 16 mg de nicotine ; l’autre, à 11 mg. J’ai choisi de commencer par ce dernier. Passez de 20 mg à 11 mg change tout. Je le ressens comme plus adapté à ce qui était ma consommation de nicotine-tabac. Plus de maux de tête, plus d’irritation des gencives. Le retour à ce qu’on pourrait appeler la “normale”.

La découverte hier de tous ces additifs introduits dans le tabac, 599 selon la liste trouvée sur le net, raffermit ma volonté d’éliminer la fumée du tabac dans mon environnement.

La nicotine ? Peut-être, peut-être pas. Je pense essayer de réduire peu à peu la dose quotidienne d’eliquide. Je vais donc prendre en note la date et l’heure auxquelles je recharge mon ecigarette. Il ne sera pas difficile de voir la pente de la courbe !

Le test installé sur le site (testez-vous !)  me situe parmi les fumeurs très dépendants (note de 8/10). Pas une surprise, seulement une confirmation.

A suivre…

 

Paul KEIRN

E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 7

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JOURNAL D’UN E-FUMEUR
Une transition entre le tabac et l’e-cigarette.

JOUR 7

La reprise de l’ecigarette moins dosée se passe bien, agréablement, sans que pour autant je ressente les effets bénéfiques attendus. Trop tôt évidemment. L’absence de manque est déjà une satisfaction.

Il faudra vraiment que je cache les paquets de tabac que je n’utilise plus : hier, j’ai allumé une cigarette sans m’en rendre compte. Le pire, c’est qu’il fallait la rouler pour la fumer ! Je ne me suis rendu compte de rien, sauf à l’allumage. On croit rêver.

Une part de « résistance au changement » évidente. Les lecteurs du père Sigmund diraient que c’est un « acte manqué ». Ils auraient raison. J’ai toujours préféré dire un « acte inconsciemment réussi ».

Mes lectures font partie de mon expérience.

Plus avance et plus je considère que les industriels du tabac sont tout simplement des gangsters en col blanc, des criminels. Ajouter au tabac de la théobromine, l’un des alcaloïdes essentiels dans la plaisir de manger du chocolat, n’est pas seulement une histoire de goût. Les mafieux de l’industrie du tabac savent parfaitement que la théobromine dilate les bronchioles et donc renforce la présence de la nicotine dans les poumons, entraînant une addiction plus rapide et plus forte.

Ils savent également que la nicotine ne devient addictive qu’en présence de sucres brûlés par la combustion (produisant des IMAO, [inhibiteurs de la mono amine oxydase], molécules chimiques que l’on retrouve dans le Prozac et les anti-dépresseurs récents). Autant dire que, du sucre, ils en rajoutent, en veux tu en voilà !

Les additifs au tabac – au nombre reconnu de 599 par les industriels US eux-même – représentent jusqu’à 15% du poids d’une cigarette ! Délirant.

Contraindre les industries du tabac à modifier leur comportement ? Même l’Organisation mondiale de la santé s’y casse les dents. Il ne faut pas oublier que ce sont des multinationales et qu’elles sont souvent à elles seules plus riches que nombre d’états de notre pauvre monde, avec ce que l’on peut imaginer de pressions diverses et variées et des cohortes d’avocats sans scrupule.
Dès lors, on imagine ce que ces industriels de la mort vont déployer pour tenter de contrôler le marché de la nicotine dès que la cigarette électronique représentera une part de marché qu’ils ne pourront plus négliger. En attendant, ils ne reculeront devant rien pour disqualifier l’e-cigarette, cela va de soi.

Je trouve que dans le passage à la cigarette électronique, il y a aussi le plaisir de faire un pied de nez aux industriels du tabac et aux taxes étatiques !

E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 8

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Journal d’un e-fumeur – JOUR 8.

 

Depuis Dimanche que j’ai repris la cigarette électronique avec le dosage 16 mg, je me sens bien. Je n’ai pas le sentiment de m’être arrêté de fumer … c’est intrigant, presque euphorisant.

Intérêts convergents et divergents sur le tabac et l’e-cigarette…
Tous les jours je parle de mon e-cigarette autour de moi, histoire de voir les réactions.

Hier, à la pharmacie du coin. « Vous avez des cigarettes électroniques ? » (hmm!).

« Non, en en fait plus, il y a eu des problèmes techniques et on nous a refusé les retours ! »

« Non, non, on n’en refera plus, mais on a des patchs si vous voulez »…

Vrai ? Faux ? Allez savoir ! Informé, désinformé, intéressé ? Le médecin comme le pharmacien sont la proie des visiteurs des laboratoires, qui assurent d’ailleurs une partie de leur formation continue.
Je me suis amusé, en bon psychosociologue (de formation) à faire un tableau comprenant horizontalement les protagonistes : industriels du tabac, e-cigarettiers, Etat-Ministère de la Santé, lieux publics, contrebandiers et consommateurs. Et verticalement, une première colonne représentant  le tabac. Et une seconde colonne, les augmentations du prix du tabac. Puis quelques autres.

Dans les cases : les “opinions-intérêts” des uns et des autres, représentées par des +  (« pour ») et des – (« contre »), représentants les opinions négatives et positives, ainsi que le neutre (le zéro) ou des opinions allant du neutre au moins (« 0 à – ») ou du neutre au plus (« 0 à + »).

Dans l’opinion-intérêt à l’égard du tabac, beaucoup de « contre », sauf les industriels du tabac et les contrebandiers. Les e-cigarettiers sont contre bien sûr, c’est leur fond de commerce et aussi parfois leur conviction (c’est aussi mon opinion !).

Dans l’opinion-intérêt vis-à-vis des hausses du prix du tabac – total changement de décor ! – tout le monde est « pour », sauf le consommateur-fumeur !

L’industriel y gagne, le Ministère de la santé aussi en terme de réduction des coûts de l santé publique (un gouffre). Il en va de même pour le contrebandier qui voit son activité fleurir et pour l’e-cigarettier qui en attend un surcroît de clientèle.

La plupart des « discours » médiatiques auxquels je serais soumis (et vous aussi) se rangeront dans ces cases (peut-être y en aura-t-il d’autres). Les opinions des uns et des autres recouvrant, il va de soi, leurs intérêts et parfois leurs convictions.

Ensuite, il y a ma propre part des opinions et des affects envers ces protagonistes. Il est certain que la découverte de ce que sont les industriels du tabac, notamment outre-atlantique, ne fait que renforcer mon rejet du tabac. Je ne tente pas de rester neutre, mais vigilant. Après tout, si cela peut intervenir dans un éventuel sevrage, fut-il nicotinique, alors tant mieux ! C’est comme le rejet de l’huile de palme, à la fois parce qu’elle favorise les maladies cardio-vasculaires, mais aussi parce qu’elle détruit les forêts équatoriales qui prodiguent 30% de notre oxygène…

 

Paul KEIRN

E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 14

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JOURNAL D’UN E-FUMEUR – JOUR 14

Je ne sais pas si la cigarette électronique cause un regain de mémoire, mais toujours est-il que des souvenirs familiaux ont fini par resurgir : mon grand-père paternel était, entre autres activités plus baroques les unes que les autres, contrebandier ! Et que passait-il à la frontière franco-belge : du tabac ! C’était en 1910. « Déjà ! » pourrait-on dire. L’histoire semble aujourd’hui bégayer. Mais cela ne date pas du début du XXème siècle !  Le texte suivant est le tout premier texte parlant du tabac en France. Il date de 1558, sous la plume d’André Thévet, cosmographe du roi, de retour d’Amérique du Sud. Je ne résiste pas au plaisir de vous le faire lire.

« Autre singularité d’une herbe qu’ils nomment en leur langue pétun, laquelle il porte ordinairement avec eux, pource qu’ils l’estiment merveilleusement profitable à plusieurs choses. Elle ressemble à notre buglosse.Or ils cueillent soigneusement ceste herbe et la font sécher à l’ombre dans leur petites cabanes.

Représentation des fumeurs rencontrés par André Thévet.

La manière d’en user est telle : ils l’enveloppent, estant seiche, quelque quantité de ceste herbe en une feuille de palmier qui est fort grande, et la roulent comme de la longueur d’une chandelle, puis mettent le feu par un bout, et en reçoivent la fumée par le nez et par la bouche. Elle est fort salubre, disent-ils, pour faire distiller et consummer les humeurs superflues du cerveau.

Davantage, prise en cette façon, fait passer la faim et la soif pour quelque temps. Parquoi ils en usent ordinairement, même quand ils tiennent quelque propos entre eux, ils tirent cette fumée, et puis ils parlent…Vrai que si on en prend trop cette fumée ou parfum, elle entête et enivre, comme le fumet d’un fort vin. » (Singularités 1558).

 

Quand je pense que si j’ai tant usé du tabac c’est à cause de ce voyageur qui en planta quelques graines près d’Angoulême, donnant son nom à l’angoumoisine, avant d’être rebaptisé « tabac » par Nicot. Et 453 ans de polémiques s’ensuivirent !

Pour moi les jours se suivent et se ressemblent : je conserve la cigarette électronique. Il m’est cependant arrivé aujourd’hui de refumer une cigarette (de tabac). Pas vraiment un sentiment d’échec mais j’aurais préféré ne pas goûter à nouveau à ce plaisir empreint de rejet. Moment d’énervement en voiture et…voilà !

Sentiments ambivalents, cela va de soi. Surtout quand on sait que l’opinion a une tendance forte à se déplacer vers l’action accomplie (réduction de la « dissonance cognitive », disent les psychosociologues).

Je résiste donc, avec mes deux batteries, l’une dans la poche, bien chargée ; l’autre en action.De nouvelles habitudes, de nouvelles précautions pour ne pas me retrouver sans nicotine ! J’oubliais le flacon d’e-liquide, saveur coco, bien calé au fond de la poche.  Si je parviens à me débarrasser du tabac, plus ou moins vite, j’ai l’impression qu’il n’en sera pas de même avec la nicotine !…

Paul Keirn

E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 11

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JOURNAL D’UN E-FUMEUR (débutant) – JOUR 11

Peut-être ai-je trop vite imaginé que j’avais trouvé la bonne dose de nicotine pour ma cigarette électronique. Peut-être que mon inconscient fait des efforts désespéré pour que je n’adopte pas un nouveau comportement. Toujours est-il qu’à plusieurs reprises je me suis comporté avec une extrême agressivité avec les gens que j’ai croisé. Ne supportant rien, m’agaçant de tout. Lâchant des commentaires sans doute blessant et y prenant plaisir.

 

Pas besoin de nombreux miroirs ou loupes pour comprendre un état de manque chez le toxicomane. Moi, en l’occurrence. Dans ma relation à la nicotine pour ce qui est de l’addictif. Le nombre de « tirages » sur l’ecigarette, identique ou analogue à ce qu’il était avec la cigarette, a pu me donner l’illusion que je prenais la dose requise. Je pense qu’à l’inverse d’il y a quelques jours, je me suis retrouvé en sous-dosage et donc en « sevrage » involontaire et douloureux, d’où l’agressivité, l’irritabilité qui le caractérise.

 

J’ai remarqué une autre chose, qui si elle s’avère réelle, peut servir à quelques e-fumeurs débutant : j’ai l’impression que l’usage de la nicotine pure « imprègne » moins que la fumée de la cigarette. On peut ressentir plus facilement une légère ébriété en tirant trop sur l’ecigarette et à l’inverse la dose absorbée semble faire de l’effet moins longtemps. Il n’est pas impossible que le goudron de la fumée de la cigarette classique distille longtemps la nicotine dont il est porteur.

 

La nicotine pure semble plus rapidement absorbée (légère ébriété) et plus rapidement expulsée (manque).

 

Il faudrait que je suis puisse confronter cette intuition avec l’expérience d’autres e-fumeurs. Je me dis toujours que si je ressens quelque chose, ce ne peut pas être une expérience unique et donc que d’autres l’ont aussi ressenti.

 

J’ai renforcé ma «dose » en mélangeant deux e-liquides, l’un dosé à 6 mg ; l’autre à 10 mg. C’est un peu comme les médicaments : la dose prescrite n’est pas universelle. Elle doit être adaptée à chaque patient, ce que fait chacun d’entre nous avec une prescription. De l’automédication.

 

On peut aussi se demander, d’autres ne s’en sont pas privés, s’il n’y a pas une dimension narcissique dans la toxicomanie, fut elle simplement nicotinique. Bien sûr ce billet quotidien n’est pas le lieu d’évoquer l’actualité mondiale, mais il est tout aussi vrai qu’en rédigeant les paragraphes qui précèdent je n’ai pensé à rien d’autre qu’à moi, qu’à ma petite personne. Y aurait-il par cette drogue une tentative de réparer quelques dégâts narcissiques très anciens, aux oubliettes de ma propre histoire…Mais n’est-ce pas au fond le cas de tout un chacun ?

A demain…

 

Paul KEIRN

E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 12

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Journal d’un e-fumeur – Je veux arrêter de fumer du tabac !

JOUR 12

En ce jour d’augmentation la satisfaction est grande d’échapper à la taxe étatique !

L’ e-liquide de ma cigarette électronique, mieux dosé, me donne également à penser que je vais continuer dans cette voie. Cependant, je remarque que je conserve toujours mon ancien paquet de tabac à rouler ! Difficile de s’en séparer.

Drôle d’impression quand je me rends compte que je l’ai oublié de le prendre. Comme s’il manquait quelque chose, par exemple quand je vais faire des courses. Un peu comme si un plongeur avait oublié sa bouteille de secours : pas indispensable, mais sécurisante. C’est aussi cela l’addiction !
Je repensais aujourd’hui aux études de Freud sur les multiples régressions dont nous sommes fréquemment l’objet face aux stress de la vie quotidienne. Le retour aux satisfaction orales primitives – le fait de téter, comme d’autres, avec une autre drogue “biberonnent” – source de plaisir et d’indépendance, objet transitionnel, quand au sein se substitue la tétine. Je sais que bien des personnes considèrent encore aujourd’hui les propos de Freud comme outranciers. Ce n’est pas le cas, mais peu importe. A quelles occasions parle-t-on de « sevrage » ? Je n’en voir guère que deux.

La deuxième m’apparaît beaucoup plus difficile que la première ! Encore qu’avec la cigarette électronique le geste et surtout la succion sont présents. Je pense aux patchs qui suppriment les deux. Un handicap de plus pour arrêter de fumer.
Je suis curieux de la suite de cette aventure : vais-je ressentir une certaine dépressivité comme cela est annoncé ? Peut-être, mais cela ne m’inquiète pas plus que ça, je saurais en reconnaître la cause. Alors, j’en sourirais. Comme si je faisais une bonne farce à mon métabolisme et à mon inconscient qui manifestement fait tout pour que surtout je ne change rien.
J’ai ressenti ce que j’ai lu sur l’annihilation de la conscience au moment où la main se porte sur le tabac ou toute autre drogue dont on est dépendant. Ce geste que l’on qualifie d’automatique parce que rien à ce moment là ne vient le contrer. Pas l’ombre d’une réflexion. On peut voir sa main s’approprier le paquet de tabac, mais sans penser. Comme si tout jugement était aboli. Comme si le cortex était pétrifié. Impressionnant !
L’addiction relève de l’univers pulsionnel. D’un univers pulsionnel acquis.
Il serait intéressant de la « relire » comme telle, avec le cortège des concepts qui l’entourent : “retour du refoulé”, “acte manqué” ou inconsciemment réussi. Tout paraît en place. Y compris le rejet social de cette pulsion qui fait du fumeur une sorte de paria dont les lieux de son plaisir sont, peu à peu, et  tour à tour frappés d’interdit !
A suivre…
Paul Keirn

E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 9

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JOURNAL D’UN E-FUMEUR – JOUR 9

 

Un ami m’a fait essayer un « inhaleur de nicotine », vendu sous le nom de Nicorette. Il doit y en avoir d’autres. C’est un tube blanc en plastique de huit centimètres de long, qui peut être séparé en deux pour y installer une cartouche de nicotine perçable au deux bouts. On referme : c’est prêt. Simple.

J’aspire…Rien ! Je recommence, je tire un peu plus fort, une vague sensation en gorge de quelque chose d’indéfinissable. De la nicotine ? Un additif parfumé ? Je ne sais pas. Difficile à dire. Je rejette la…non, pas la fumée habituelle. Rien, de l’air. Bizarre ! Je recommence. Ce qui est amusant, c’est que la respiration est strictement la même mais il n’y a ni impact en gorge – un « hit » comme disent les habitués – ni fumée.

C’est là où je vois que le hit fait totalement partie du fait de fumer, même si comme c’est mon cas, on n’y fait plus guère attention. Je me dois de constater que fumer, c’est absorber la substance dont on est dépendant, la nicotine et sans doute quelques anti-dépresseurs issus de la combustion des sucres, mais aussi, une façon d’occuper les mains, les yeux ; un façon d’inspirer, d’expirer. Un tout ancré depuis des décennies.
Un « tout » qui accompagne les autres gestes du quotidien dans une sorte de danse bien orchestrée, avec ses réflexes. Je me prends encore à sortir du papier à rouler et j’en prends conscience quand je mets le tabac dans le papier. Je rejette le tout dans la blague à tabac en cherchant des yeux mon e-cigarette. Au moins une preuve de la résistance au changement : le tabac est resté sur le bureau ! Pourquoi ? Devinez! L’inconscient est malin, mais il ne m’aura pas !
Ou pas souvent ! J’esquisse un sourire. Je me rappelle…Quand je fumais des cigarettes, des « toutes cousues » comme disaient les poilus de 14, parfois le paquet se trouvait non loin de la souris. Alors, il m’arrivait de prendre le paquet de cigarettes pour la souris et de commencer à le manœuvrer (époque des souris à boule, que les moins de vingt ans…etc.). Il faut dire que la souris – métier oblige – chauffe doucement sous ma main une bonne huitaine d’heures par jour.

 

Je viens de porter la main au paquet de tabac à rouler! Ah ! Bon : je vais le poser ailleurs, loin de moi. Voilà, c’est fait. Hors de ma vue, le passé ! Vade retro Havanas !

Je vais m’en tenir à l’e-cigarette.
Quant à l’inhaleur…ce n’est pas pour moi. Trop loin de mon habitude de fumer. Demain, j’aurais un nouveau flacon de nicotine. Encore moins dosé. J’ai hâte d’essayer. !

 

Paul KEIRN

E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 10

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OURNAL D’UN E-FUMEUR – JOUR 10
Petit détour matinal par la pharmacie. Oh! des cigarettes électroniques partout dans des présentoirs cubiques. Des « jetables » à neuf et quelques Euros. On dirait le même modèle qu’au tabac du coin.

J’achète des boules de gomme. « Vous en avez des cigarettes électroniques ! » fais-je semblant de m’étonner. « Oui, ça marche bien » commente la jeune pharmacienne diplômée, juste post-pubère.
Je me lance : « Alors, comme ça, vous ne respectez pas les recommandations de l’Afssaps ?! » Sourire gêné. Pas un seul mot. Clouée ! Je retourne le couteau : « Ils disent bien qu’on ne peut pas la recommander, non ? Que c’est pas un mode de sevrage» ! J’en rajoute « qu’il n’y a pas eu de test ».

Un petit « oui-oui » furtif confirme, les yeux plantés n’importe où. Je calme le jeu : « oui, oh l’Afssaps on les a vu avec le Médiator ». Elle croise mon regard en reprenant un peu d’assurance : « Ah ça oui ! » dit-elle, comme pour dire que ce qu’ils affirment ne vaut pas grand chose. Alors sur la cigarette électronique, hein ! Bon. Je sens que nous partageons la même fréquence hertzienne. Au revoir. A bientôt !
Ca y est ! J’ai mon nouveau flacon de nicotine ! Eric m’en a fait cadeau. Sympa. C’est du 6 milligrammes, donc très peu dosé et parfumé – mais pas trop – à la noix de coco. Une saveur que je craignais trop sucrée. Mais non ! C’est bien du parfum coprah mais sans le sucre.
Depuis plusieurs heures je l’utilise. C’est vraiment bien cette fois. Comme quoi, avec la cigarette électronique il ne faut surtout pas s’arrêter à  la première impression. Il faut découvrir le dosage qui convient. Il faut choisir sa saveur. Et cela ne se fait pas en un jour.
J’ai prêté ma première e-cigarette dosée à 20 milligrammes à un ami pour qu’il essaie. Il a aspiré comme un fou et s’est mis à tousser. Il m’a dit qu’il croyait que cela n’avait de goût (on se demande pourquoi). Il faut dire que le 20 mg est fort. Trop fort pour moi. Je suis passé au 16 mg : encore trop fort à mon goût. Je peux inhaler le 6 mg comme je le fais avec mes cigarettes roulées.

En fait, pour s’adapter à cette nouvelle “fumitude”, comme dirait Ségolène, il faut tenter de retrouver avec l’e-cigarette un usage de la « fumée » quasi-identique à celle que l’on avait avec la cigarette. Cela devient vraiment bien. Je suis satisfait de pouvoir me dire que je vais adopter ce mode de consommation de la nicotine. C’était surtout une sorte de détermination au début. Cela devient un plaisir !

 

Paul KEIRN

E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 13

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Jounal d’un e-fumeur (débutant)

JOUR 13

 

En une quinzaine de jours je me rends compte d’une certaine influence sur mon budget. Peut-être pas encore sur le fond, mais sur le fait que je passe moins souvent par la case billeterie de ma succursale bancaire !

Ce n’est pas un fait essentiel dans mon souhait d’arrêter de fumer du tabac. Se sentir plus en forme est pour moi plus déterminant. Et le fait est que je me sens déjà mieux. Impression ? Réalité ? Je ne suis pas sûr. Moins fatigué après une journée de travail, c’est pourtant vrai. Plus nerveux aussi, plus réactif. Là, je suis sûr que c’est un effet de sevrage ou de changement d’habitude qu’un (bon) morceau de mon cerveau supporte mal. Mais cela dit, c’est intéressant de continuer.

J’ai pris l’habitude de ne plus avoir de tabac sur mon bureau. Une bonne initiative qui annule le geste inconscient qui conduit vers le paquet à goudron. C’est reglé. Cela dit, je n’imagine pourtant pas jeter ce reste de tabac…Pas encore prêt. La force de la dépendance est inimaginable !

La cigarette électronique est finalement encore peu connue. Il faut dire que les médias n’en parlent pas. Etrange. Ce matin, en allant faire un Loto, j’ai vu le présentoir de mon buraliste orné de plusieurs cartons remplis de d’électroniques jetables. “Alors ça marche la cigarette électronique ?” Le buraliste me dit que les gens essaient. Les jeunes surtout. Les autres plus âgés, vraiment pas. Il ne sait pas encore si cela “va prendre”. Personnellement, cela me semble certain.

A suivre…