Daily Archives: December 23, 2011

E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 8

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Journal d’un e-fumeur – JOUR 8.

 

Depuis Dimanche que j’ai repris la cigarette électronique avec le dosage 16 mg, je me sens bien. Je n’ai pas le sentiment de m’être arrêté de fumer … c’est intrigant, presque euphorisant.

Intérêts convergents et divergents sur le tabac et l’e-cigarette…
Tous les jours je parle de mon e-cigarette autour de moi, histoire de voir les réactions.

Hier, à la pharmacie du coin. « Vous avez des cigarettes électroniques ? » (hmm!).

« Non, en en fait plus, il y a eu des problèmes techniques et on nous a refusé les retours ! »

« Non, non, on n’en refera plus, mais on a des patchs si vous voulez »…

Vrai ? Faux ? Allez savoir ! Informé, désinformé, intéressé ? Le médecin comme le pharmacien sont la proie des visiteurs des laboratoires, qui assurent d’ailleurs une partie de leur formation continue.
Je me suis amusé, en bon psychosociologue (de formation) à faire un tableau comprenant horizontalement les protagonistes : industriels du tabac, e-cigarettiers, Etat-Ministère de la Santé, lieux publics, contrebandiers et consommateurs. Et verticalement, une première colonne représentant  le tabac. Et une seconde colonne, les augmentations du prix du tabac. Puis quelques autres.

Dans les cases : les “opinions-intérêts” des uns et des autres, représentées par des +  (« pour ») et des – (« contre »), représentants les opinions négatives et positives, ainsi que le neutre (le zéro) ou des opinions allant du neutre au moins (« 0 à – ») ou du neutre au plus (« 0 à + »).

Dans l’opinion-intérêt à l’égard du tabac, beaucoup de « contre », sauf les industriels du tabac et les contrebandiers. Les e-cigarettiers sont contre bien sûr, c’est leur fond de commerce et aussi parfois leur conviction (c’est aussi mon opinion !).

Dans l’opinion-intérêt vis-à-vis des hausses du prix du tabac – total changement de décor ! – tout le monde est « pour », sauf le consommateur-fumeur !

L’industriel y gagne, le Ministère de la santé aussi en terme de réduction des coûts de l santé publique (un gouffre). Il en va de même pour le contrebandier qui voit son activité fleurir et pour l’e-cigarettier qui en attend un surcroît de clientèle.

La plupart des « discours » médiatiques auxquels je serais soumis (et vous aussi) se rangeront dans ces cases (peut-être y en aura-t-il d’autres). Les opinions des uns et des autres recouvrant, il va de soi, leurs intérêts et parfois leurs convictions.

Ensuite, il y a ma propre part des opinions et des affects envers ces protagonistes. Il est certain que la découverte de ce que sont les industriels du tabac, notamment outre-atlantique, ne fait que renforcer mon rejet du tabac. Je ne tente pas de rester neutre, mais vigilant. Après tout, si cela peut intervenir dans un éventuel sevrage, fut-il nicotinique, alors tant mieux ! C’est comme le rejet de l’huile de palme, à la fois parce qu’elle favorise les maladies cardio-vasculaires, mais aussi parce qu’elle détruit les forêts équatoriales qui prodiguent 30% de notre oxygène…

 

Paul KEIRN

E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 14

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JOURNAL D’UN E-FUMEUR – JOUR 14

Je ne sais pas si la cigarette électronique cause un regain de mémoire, mais toujours est-il que des souvenirs familiaux ont fini par resurgir : mon grand-père paternel était, entre autres activités plus baroques les unes que les autres, contrebandier ! Et que passait-il à la frontière franco-belge : du tabac ! C’était en 1910. « Déjà ! » pourrait-on dire. L’histoire semble aujourd’hui bégayer. Mais cela ne date pas du début du XXème siècle !  Le texte suivant est le tout premier texte parlant du tabac en France. Il date de 1558, sous la plume d’André Thévet, cosmographe du roi, de retour d’Amérique du Sud. Je ne résiste pas au plaisir de vous le faire lire.

« Autre singularité d’une herbe qu’ils nomment en leur langue pétun, laquelle il porte ordinairement avec eux, pource qu’ils l’estiment merveilleusement profitable à plusieurs choses. Elle ressemble à notre buglosse.Or ils cueillent soigneusement ceste herbe et la font sécher à l’ombre dans leur petites cabanes.

Représentation des fumeurs rencontrés par André Thévet.

La manière d’en user est telle : ils l’enveloppent, estant seiche, quelque quantité de ceste herbe en une feuille de palmier qui est fort grande, et la roulent comme de la longueur d’une chandelle, puis mettent le feu par un bout, et en reçoivent la fumée par le nez et par la bouche. Elle est fort salubre, disent-ils, pour faire distiller et consummer les humeurs superflues du cerveau.

Davantage, prise en cette façon, fait passer la faim et la soif pour quelque temps. Parquoi ils en usent ordinairement, même quand ils tiennent quelque propos entre eux, ils tirent cette fumée, et puis ils parlent…Vrai que si on en prend trop cette fumée ou parfum, elle entête et enivre, comme le fumet d’un fort vin. » (Singularités 1558).

 

Quand je pense que si j’ai tant usé du tabac c’est à cause de ce voyageur qui en planta quelques graines près d’Angoulême, donnant son nom à l’angoumoisine, avant d’être rebaptisé « tabac » par Nicot. Et 453 ans de polémiques s’ensuivirent !

Pour moi les jours se suivent et se ressemblent : je conserve la cigarette électronique. Il m’est cependant arrivé aujourd’hui de refumer une cigarette (de tabac). Pas vraiment un sentiment d’échec mais j’aurais préféré ne pas goûter à nouveau à ce plaisir empreint de rejet. Moment d’énervement en voiture et…voilà !

Sentiments ambivalents, cela va de soi. Surtout quand on sait que l’opinion a une tendance forte à se déplacer vers l’action accomplie (réduction de la « dissonance cognitive », disent les psychosociologues).

Je résiste donc, avec mes deux batteries, l’une dans la poche, bien chargée ; l’autre en action.De nouvelles habitudes, de nouvelles précautions pour ne pas me retrouver sans nicotine ! J’oubliais le flacon d’e-liquide, saveur coco, bien calé au fond de la poche.  Si je parviens à me débarrasser du tabac, plus ou moins vite, j’ai l’impression qu’il n’en sera pas de même avec la nicotine !…

Paul Keirn