Daily Archives: December 19, 2011

E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 12

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Journal d’un e-fumeur – Je veux arrêter de fumer du tabac !

JOUR 12

En ce jour d’augmentation la satisfaction est grande d’échapper à la taxe étatique !

L’ e-liquide de ma cigarette électronique, mieux dosé, me donne également à penser que je vais continuer dans cette voie. Cependant, je remarque que je conserve toujours mon ancien paquet de tabac à rouler ! Difficile de s’en séparer.

Drôle d’impression quand je me rends compte que je l’ai oublié de le prendre. Comme s’il manquait quelque chose, par exemple quand je vais faire des courses. Un peu comme si un plongeur avait oublié sa bouteille de secours : pas indispensable, mais sécurisante. C’est aussi cela l’addiction !
Je repensais aujourd’hui aux études de Freud sur les multiples régressions dont nous sommes fréquemment l’objet face aux stress de la vie quotidienne. Le retour aux satisfaction orales primitives – le fait de téter, comme d’autres, avec une autre drogue “biberonnent” – source de plaisir et d’indépendance, objet transitionnel, quand au sein se substitue la tétine. Je sais que bien des personnes considèrent encore aujourd’hui les propos de Freud comme outranciers. Ce n’est pas le cas, mais peu importe. A quelles occasions parle-t-on de « sevrage » ? Je n’en voir guère que deux.

La deuxième m’apparaît beaucoup plus difficile que la première ! Encore qu’avec la cigarette électronique le geste et surtout la succion sont présents. Je pense aux patchs qui suppriment les deux. Un handicap de plus pour arrêter de fumer.
Je suis curieux de la suite de cette aventure : vais-je ressentir une certaine dépressivité comme cela est annoncé ? Peut-être, mais cela ne m’inquiète pas plus que ça, je saurais en reconnaître la cause. Alors, j’en sourirais. Comme si je faisais une bonne farce à mon métabolisme et à mon inconscient qui manifestement fait tout pour que surtout je ne change rien.
J’ai ressenti ce que j’ai lu sur l’annihilation de la conscience au moment où la main se porte sur le tabac ou toute autre drogue dont on est dépendant. Ce geste que l’on qualifie d’automatique parce que rien à ce moment là ne vient le contrer. Pas l’ombre d’une réflexion. On peut voir sa main s’approprier le paquet de tabac, mais sans penser. Comme si tout jugement était aboli. Comme si le cortex était pétrifié. Impressionnant !
L’addiction relève de l’univers pulsionnel. D’un univers pulsionnel acquis.
Il serait intéressant de la « relire » comme telle, avec le cortège des concepts qui l’entourent : “retour du refoulé”, “acte manqué” ou inconsciemment réussi. Tout paraît en place. Y compris le rejet social de cette pulsion qui fait du fumeur une sorte de paria dont les lieux de son plaisir sont, peu à peu, et  tour à tour frappés d’interdit !
A suivre…
Paul Keirn