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E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 3

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E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 3

6 octobre 2011

par Paul Keirn.

 

Je tiens bon ! Toujours pas de consommation de tabac.

Je suis sorti sans tabac à rouler, sans briquet ! Cela doit faire assez ridicule pour les non-fumeurs, j’en conviens. Celles et ceux qui fument du tabac me comprendront !

Évidemment avec le deuxième exemplaire d’ecigarette de la boite d’eGo-T, batteries fraîchement rechargée. Une habitude à prendre : qui dit deux exemplaires, dit deux batteries. Dans la journée je prends celle du matin et je mets l’autre en charge.

 

J’ai retiré le cendrier du coin gauche de mon bureau. Celui sur lequel je jetais un œil toutes les dix minutes pour regarder ma cigarette-tabac invisible. J’ai retiré le cendrier, mais je continue de regarder à cet endroit. Et là, je n’exagère pas. Il n’y a pourtant plus ni cigarette ni cendrier.

Le tabac envahissait tout. On ne s’en rend pas compte. Si vous êtes fumeur et surtout en roulant vos cigarettes, retournez votre clavier pour voir ce qui en tombe. Surprise ! Surprise.

 

Je ne sais pas si c’est lié, mais je suis allé acheter un nouveau clavier et une souris neuve. Peut-être pour marquer une rupture. A explorer. Je ne crois pas au hasard dans l’univers des achats d’impulsion.

 

Je repense aux voyages, aux années 70…1971, licence en poche courant juin, reprise en décembre…De quoi faire un voyage. Et il n’y avait semble-t-il à l’époque qu’un seule route.

A cinquante-six heures de Paris-Gare de Lyon, il y a Istanbul. Vingt-six heures plus loin, en bus, la frontière de l’Iran, les grands déserts Perses, désert de sel, désert de pierre, superbes, et encore 2600 km en bus. Et voici la frontière afghane à cette époque calme du Roi Dahir Shah. A Kaboul, les ambassades sont regroupées dans le quartier de Char-i-Naw (ou Share-Naw). Beaucoup de petits hôtels et des épiceries où l’on trouve des denrées européennes : camembert, papier toilettes, Marlboro et Gauloises. Le matériel de base ! Et de longues et étonnantes soirées à goûter la flore locale en écoutant l’hymne américain repris (à sa manière) par Hendrix.

 

1971-2011 ! Quarante ans plus tard et 584 000 cigarettes de plus. Et pourtant j’arrête le tabac. Quant aux herbes généreuses en THC, j’ai arrêté les cures en 1974. Sans difficulté. Arrêter la nicotine est une autre histoire. On la sait autant addictive sinon plus que l’héroïne. Mais cela se dit rarement.

 

Là où je travaillais début 1977, dans un centre de recherche du Ministère de la Justice en tant que chercheur CNRS, cela aurait fait mauvais effet de le dire publiquement et aurait donné à penser qu’il devait être facile de décrocher des drogues dites dures (parmi lesquelles il faut bien sûr ranger l’alcool). Il est aussi difficile de ne plus être « accro » à la nicotine. C’est bien réel et toutes les études en font la démonstration.

 

Je serais curieux de faire l’expérience de réduire peu à peu les concentrations de l’e-liquide qui m’a été fourni par Egotine. Passer de 20 mg à 16, puis 10 puis 0 peut être…On me dit que bien des fumeurs d’e-cigarette réduisent, voire stoppent. J’avoue demander à voir !

 

A demain.

Paul KEIRN

E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 2

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E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 2

5 octobre 2011

par Paul Keirn.
Deuxième journée sans tabac ! Je me dis parfois que ça ne va pas durer. Pour l’instant, je ne sais toujours pas si j’utilise une dose de nicotine supérieure ou inférieure à celle que me fournissait le tabac il y a seulement quelques jours.

J’ai rechargé deux fois l’embout-réservoir. Pas de manque, c’est l’essentiel. Mes lèvres ont été en contact avec l’eliquide…c’est un peu irritant. Je comprends mieux l’usage d’un petit chiffon lors d’une démonstration de mise en route de l’ecigarette !
De passage chez des amis, j’utilise mon eGo-T. La conversation dévie sur ce qui est pour eux (comme pour moi) une découverte. Réaction très intéressée. Je donne le nom du site eGotine pour quelques fumeurs invétérés. Je n’ai pourtant pas l’impression de faire de le promo ou du ‘marketing viral ‘ : je suis vraiment convaincu de l’intérêt de ne fumer que de la nicotine quand on en est dépendant et d’éliminer toutes les autres substances produites par la combustion de l’ « herbe à Nicot », notamment les goudrons.

Mieux vaudrait n’avoir jamais commencé, sans aucun doute, mais je ne laisse place à aucun regret ou culpabilité, j’assume.
Première cigarette…Ecrire tous les jours sur cette expérience fait remonter les souvenirs.

Première cigarette : 13 ans, sur le quai de la gare de Houilles (92), mon copain me tend une « Disque Bleu bout filtre » sortant d’un paquet. J’hésite, j’y vais. J’aspire, je tousse et me dis « au moins, c’est sûr, je ne fumerais jamais »…Je souris en connaissant la suite.
Vers 15 ans, je m’autorise une cigarette sur le chemin du Lycée. C’est tout.

Dès la classe de Seconde, au Cour Vauvenargues, dans le XVIIème à Paris, établissement qui rassemble tous les exclus du Lycée, tous les fils et filles de familles aisées (dont je ne suis pas) les élèves ont le droit de fumer en classe !…Impressionnant ! La salle de classe est une vraie tabagie. Les non-fumeurs crient au secours et demandent l’ouverture des portes et fenêtres. Les profs ne se gênent pas non plus pour fumer, à commencer par le directeur qui prodigue quelques cours à des élèves, la plupart en costume-cravate, sans stylo ni cahier, qui attendent l’usine de papa. Je travaille dur : je ferais partie des 25% des élus au Bac 1968 de ce Cours assez « space » (Réussite nationale au Bac 68 : 85%, ce qui donne une idée du niveau).

C’est vraiment à cette époque que j’ai commencé à fumer et vers 18 ans, le paquet de Gauloises faisait la journée, pas davantage.
Fumer ! L’après 68 est bien sûr marqué par une autre « petite fumée » à laquelle je me refuse pendant…au moins trois ans. Un « exploit » dans un environnement estudiantin où n’ont droit de cité que les expériences marginales, de révolte, de contre-culture, d’alternatives à l’insertion dans la société. C’est l’époque du magazine Actuel, des Pink Floyd, d’Hendrix, du LSD et des voyages vers un Orient sublimé, vers Katmandu. L’imaginaire de l’époque nous y invite follement.
Nous verrons demain que le tabac n’est plus seul sur ces « chemins » dangereux.
Paul KEIRN.

E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 1

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E-cigarette : j’arrête de fumer du tabac – JOUR 1

4 octobre 2011

par Paul Keirn.
Arrêter de fumer du tabac ! J’ai commencé ce matin.  Non sans une certain appréhension. Arrêter net une pratique vieille de plusieurs décennies n’est pas psychiquement anodin. Arrêter le tabac ne signifie plus aujourd’hui arrêter la nicotine, la substance qui me rend dépendant, « accro ».

J’avais essayé des patchs il y a de cela une dizaine d’années. Pas le temps d’en parler que la cigarette suivante était allumée. Abandon. Tant mieux s’il y en a pour qui cela marche. Il y a quelques jours j’avais acheté une ecigarette jetable, à 9 €, rencontrée dans un débit de tabac. Rapidement une sensation d’ébriété avait été ressentie. Je me suis renseigné : le liquide contenant la nicotine serait trop dosé en propylène-glycol. Il s’agit du produit d’importation : les dosages sont trop forts, en tout cas pour moi.

Alors, le vrai Jour J a commencé ce matin. J’écris. Je passe une grande partie de la journée au clavier. Le métier de journaliste est un métier à risque : non pas que je sois reporter de guerre. C’est une des professions pour laquelle l’espérance de vie est la plus courte, après bûcheron : le cocktail stress, tabac, alcool, fusille bon nombre de journalistes vers 50-55 ans. Infarctus. J’ai passé la cap. Sans doute de justesse, me rappelant quelques palpitations, mais jamais d’arythmie toujours de mauvaise augure.
Premières impressions ? Surtout gestuelles. J’ai passé mon temps à jeter un œil dans le cendrier juste avant de retenir le geste absurde consistant à aller chercher une cigarette cette fois-ci imaginaire. Je n’avais pas conscience que je jetais ce coup d’œil.

La cigarette électronique était devant moi, au milieu du cahier de brouillon d’écolier, devant le clavier, sur lequel je prends en note mes idées, les infos des coups de fil. Comment imaginer qu’une cigarette « allumée » est posée sur du papier. Impossible.
Il s’agit d’une eGO-T noire, chargée avec du mélange, pardon un e-liquide « Tabac FR-MLB », MLB signifiant sans doute Marlboro, dosé à 20 mg. Le plus fort. Sans doute faudra-t-il que je passe au 16 mg. Je préférais tirer plus souvent une bouffée moins dosée. L’effet en gorge est surprenant et l’aspiration doit être finement dosée tout en appuyant sur un bouton central : ne pas trop aspirer au risque de tousser. On prend vite le coup de main, si l’on peut dire. Lors du premier essai je m’étais surpris à mettre la flamme de mon briquet au bout de l’e cigarette ! Impressionnante force de l’habitude.
Deux ou trois fois dans la journée, j’ai machinalement ouvert mon paquet de tabac à rouler pour y saisir le papier, avant de refermer le plastique (en levant un sourcil ironique). Le tabac à rouler m’avait permis de réduire de moitié ma consommation. Mais c’était encore trop à mon goût. Rapidement l’aptitude à rouler était devenue aussi machinale que rapide.
Cinq impulsions sur le bouton, l’ecigarette s’ « allume » ; cinq autres, elle s’ « éteint », préservant ainsi la batterie. Je n’ai pas eu à la recharger aujourd’hui. Je vais voir combien de temps elle tient.
Point de vue « manque » : rien. Pas un instant j’ai ressenti cette irritabilité- agressivité que je sens monter en moi quand il y a trop longtemps que je ne peux fumer du tabac. Étonnant : je fume maintenant de la nicotine pure et cela me suffit. Si cela tient, je vais peut-être retrouver plus de souffle. Sans aucun doute même, fini le goudron. Vais-je tenir ? Si je n’ai pas de sensation de manque, il y a de grandes chances que ce soit le cas. Nous verrons. Une journée ne permet pas de se faire une idée réaliste.
Dans le fait de fumer du tabac, il y a toujours cette sensation de jouer avec la mort. De voir d’année en année qu’elle ne se manifeste pas sous la forme la plus probable, celle du cancer du poumon. Sans avoir pour autant l’idée d’y échapper.

Ce n’est pourtant pas cette échéance, qui me semble à peu près certaine, qui me motive. Plutôt me sentir moins « fatigué » par le tabac, mieux respirer, retrouver des arômes oubliés il y a longtemps, dans la nature, dans l’assiette. Et puis, la motivation seconde est celle du budget : le prix devient franchement prohibitif. Plus de 2000 € par an !

J’ai pensé acheter des cigarettes en Italie. De celles que l’on trouve non loin de la frontière au coin des rues, près des gares… Des cigarettes de contrebande probablement. Les dosages en goudron inscrits sur les paquets sont assez dissuasifs. Et puis soutenir les mafias, franchement non.J’y ai renoncé. Au total, c’est la première fois que l’arrêt du tabac, pas celui de la nicotine, me semble dès le premier jour possible.
A suivre…

Paul KEIRN.